Sortir de la sécheresse spirituelle

Ce cours s’ouvre sur une parabole du Rabbi : entre celui qui est proche du but mais bloqué, et celui qui est loin mais avance lentement, c’est le second qui arrivera. Il en va de même dans la vie spirituelle, et particulièrement dans la tefilla, la prière, qui est le moment privilégié de proximité avec Hachem.

Le cours met en garde contre le grand danger : l’installation d’une routine sèche et froide. Lorsque la prière devient mécanique, accomplie par habitude et avec précipitation, c’est le signe d’une descente spirituelle. Comme des mains gelées qui ne sentent plus le froid, on ne se rend même plus compte que l’on a perdu le goût des choses saintes. La tefilla devient alors la boussole, le thermomètre qui révèle où l’on en est : si elle est chaude, pleine d’enthousiasme et de kavana, tout va bien ; si elle est mauvaise, il faut s’inquiéter.

Le terme tefilla lui-même vient du mot tofel — recoller, rattacher les morceaux d’un récipient brisé. Prier, c’est prendre un moment pour se recoller à la Source.

À ceux qui se sentent incapables d’atteindre cette intensité, le cours rapporte une histoire bouleversante racontée par le Rabbi lors d’un farbrengen de Pourim : un Hassid très simple de l’Admour Hazaken, qui ne comprenait même pas tous les mots de la prière, passait pourtant des heures entières en tefilla. Son secret ? Il avait entendu de l’Admour Hazaken que Shamor et Zakhor furent dits en une seule parole, et qu’en chaque mot de la prière se trouve le Ehad — l’Unité divine. Pendant 40 ans, il pria chaque jour avec cette unique intention.

Le cours se conclut sur la célèbre parabole du Baal Chem Tov : si les hassidim bougent autant pendant la prière, c’est comme un homme qui se noie — son âme se débat pour remonter jusqu’à son Créateur. Et sur cette vérité d’Elie Wiesel : le contraire de l’amour, ce n’est pas la haine, mais l’indifférence.