Ce cours s’inscrit dans la continuité des enseignements précédents sur le Tsema’h Tsedek. Pour bien le comprendre, il faut se replacer dans le contexte historique. L’Admour Haemtsaï quitta ce monde le 9 Kislev, et le Tsema’h Tsedek n’accepta la fonction de Rabbi que l’année suivante, après plusieurs mois de réticences. Comme le Rabbi de notre génération qui mit près d’un an avant le Youd Shevat de son intronisation, ou le Rabbi Rachab qui attendit treize ans, la transition d’un Rabbi à l’autre est toujours un moment chargé d’une intensité particulière. Le Rabbi répondait à ceux qui le pressaient : « Mon beau-père ne m’a jamais dit de le faire » — alors même que le dernier maamar laissé par le Rabbi précédent, Bati LeGani, citait précisément un midrash où il est écrit « Amar Rabbi Menachem »

Le Chavouot dont parle le HaYom Yom du jour est donc le deuxième Chavouot du Tsema’h Tsedek en tant que Rabbi, en 1829. Cette année-là, les anciens hassidim — ceux qui avaient connu l’Admour Hazaken et l’Admour Haemtsaï — décidèrent non seulement de venir, mais d’amener avec eux tous les autres hassidim. C’est l’équivalent, pour le Tsema’h Tsedek, du Youd Shevat du Rabbi : le moment où le leadership fut pleinement reconnu.

Le cours rapporte trois informations pratiques pour la prière (la récitation à voix basse de Ana Bekoa’h le vendredi soir, Oufros Aleinu dit debout), puis se concentre sur les trois maamarim majeurs prononcés par le Tsema’h Tsedek pendant ces journées.

À la veille de Chavouot, avant l’allumage des bougies, il prononça un discours sur le verset Ki Tissa et rosh — « Quand tu lèveras la tête ». Le fait de compter une chose lui confère une importance. C’est tout le sens du compte du Omer : par notre travail, nous montons les 49 niveaux ; le 50e, Hachem nous l’offre en cadeau. Pour qu’Il puisse nous donner, encore faut-il venir avec un récipient déjà rempli, non de vanités, mais de l’effort qui rend digne du don.

Le Chabbat après-midi, le Tsema’h Tsedek expliqua le verset Ve-erastikh li le-olam — « Je serai fiancé à toi pour toujours ». Le mariage se faisait jadis en deux étapes : les fiançailles (erussin), engagement pur sans aucun intérêt matériel, et le mariage proprement dit. La leçon est immense pour notre relation avec Hachem : ne pas s’engager pour ce que l’on peut en retirer, mais pour la relation elle-même. Comme le disait Kennedy — « Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays » — la avodat Hachem commence par cette inversion intérieure.

Le premier jour de Chavouot, le Rabbi développa l’idée que Sefirat vient du mot Sappir, la pierre brillante : l’objectif du compte du Omer est d’arriver au don de la Torah dans un état de clarté lumineuse. Et le second jour de la fête fut consacré à un discours sur le verset Ve-hahokhma me-ayin timatse — « Et la sagesse, d’où la trouverons-nous ? ».

À travers ces enseignements, on touche du doigt cette vérité hassidique : c’est dans ces longues journées de Chavouot, où aucune mitsva matérielle ne vient distraire, que les Rebbeim déversaient à flots les trésors de la Hassidout — pour que nous puissions, génération après génération, lever la tête.