Le Chabbat Mevarchim Sivan : entre supplication divine et grandeur de la simplicité
Ce cours, ancré dans un texte écrit en 5703 (1943), aborde plusieurs sujets profondément liés autour du Chabbat qui bénit le mois de Sivan.
Le cours s’ouvre sur l’importance toute particulière du Chabbat Mevarekhim. Le Rabbi insistait avec force sur la récitation des Tehilim tôt le matin et de la section quotidienne du Tanya, allant jusqu’à dire qu’à la venue du Machia’h, aucune excuse ne sera entendue : on demandera combien de Juifs nous avons réussi à inspirer pour cette pratique.
Vient ensuite l’examen de la Paracha des malédictions lue ce Chabbat-là, et des coutumes très diverses qui l’entourent : qui appeler ou ne pas appeler à la Torah, l’option de monter sans bénédictions, la coutume Habad qui résout élégamment ces tensions en confiant la montée au lecteur lui-même.
Le cours évoque ensuite la prière Av HaRa’hamim, instituée après les premières Croisades de 1096, que l’on récite ce Chabbat car le mois de Sivan fut marqué par d’immenses souffrances pour le peuple juif — au point que certaines coutumes de deuil de la Omer seraient davantage liées aux pogromes qu’à la disparition des élèves de Rabbi Akiva.
Le cœur du cours développe ensuite un point philosophique saisissant : la Torah ne nous commande pas seulement, elle nous implore. Comme un père qui prend son enfant par la main pour lui montrer le bon terrain à choisir, Hachem nous supplie de marcher dans Ses voies. Savoir que Quelqu’un, derrière, espère et désire passionnément que nous fassions le bien — voilà qui nous donne la force d’y parvenir. À travers le célèbre dialogue entre Moshé et les anges, le cours rappelle que ce qui distingue l’homme de l’ange, c’est précisément le libre arbitre : avoir plusieurs volontés et choisir. C’est tout le sens de la création.
Le cours culmine sur la grandeur cachée de la temimut, la simplicité sincère. Une histoire frappante l’illustre : on révéla un jour au Baal Chem Tov qu’un homme partageait son niveau au Gan Eden. À sa grande surprise, il découvrit un Juif simple qui mangeait sans cesse — pour, disait-il, pouvoir un jour se défendre si on l’attaquait comme on avait attaqué son père. Cette intégrité totale, cette fierté juive vécue dans le quotidien le plus banal, élevait cet homme au niveau du Baal Chem Tov lui-même.
C’est là un mystère que seule la venue de Machia’h nous permettra de comprendre pleinement : la grandeur de la sincérité des âmes simples, qui n’avaient parfois pour tout service divin que la récitation des Tehilim, mais qui y mettaient tout leur cœur. Plus on devient « intelligent », plus cette qualité-là s’éloigne. Notre tâche est d’essayer de la retrouver — surtout dans les moments où c’est le cœur, et non l’intellect, qui doit parler.